L'IRSA

Institution Régionale des Sourds et des Aveugles

Comment s’organisent nos structures en confinement ?  Entre télétravail et intervention dans un nouvel établissement, Margaux Passicos infirmière au CESDA Richard Chapon, partage son expérience

Comment s’organisent nos structures en confinement ? Entre télétravail et intervention dans un nouvel établissement, Margaux Passicos infirmière au CESDA Richard Chapon, partage son expérience

Publié le 06 mai 2020

EN QUOI CONSISTE VOTRE POSTE AU SEIN DE L’IRSA ? SUR QUELLE STRUCTURE INTERVENEZ-VOUS HABITUELLEMENT ?

Je suis infirmière puéricultrice au sein du CESDA Richard Chapon depuis la fin d’année 2019 et j’interviens sur les 2 services, Clair de Lune [0-10 ans] et Cèdres [10-20 ans].

Les profils sont divers et variés, avec différents niveaux de surdité auxquels s’ajoute un handicap associé (troubles envahissants du développement, handicaps sensori-moteurs, déficiences mentales, etc.).

De manière générale, mes actions s’articulent autour du soin, de la prévention et de l'éducation ; et pour faire ce travail, je suis toujours en étroite collaboration avec les acteurs internes et externes à l'établissement ; les parents bien sûr, mais aussi les partenaires, etc.



QUEL EST VOTRE RYTHME DE TRAVAIL EN CONFINEMENT ?

J’ai gardé le même rythme de travail qu’avant mais c’est vrai que le télétravail demande plus d’organisation. Au début, je travaillais dans mon salon mais c’était trop compliqué à gérer avec mon ami qui est également en télétravail, alors maintenant je travaille dans la chambre !
Nous n’avons pas de bureau, il a fallu être inventif, mais ça marche. Pour moi le plus complexe est de « lâcher » en fin de journée étant donné qu’on est chez soi.



VOUS DITES QUE LE TÉLÉTRAVAIL DEMANDE PLUS D’ORGANISATION. POUVEZ-VOUS DONNER UN EXEMPLE ?

Au CESDA, je suis toujours dans le mouvement sans être toute la journée à mon bureau. Là, je suis assise en permanence devant mon écran ce qui modifie mes prises en charge. Par exemple, j’ai l’habitude d’utiliser un support médiateur chez l’adolescent qui s’avère très utile, notamment pour les aider à échanger autour de leur ressenti. Dans le contexte actuel, je dois réfléchir, m’adapter sans ce support ou le moduler. C’est intéressant mais cela demande plus de travail de préparation sans plus de temps de travail. J’essaie d’assurer une continuité thérapeutique auprès des jeunes, et mes échanges avec eux se font en visio de 30 minutes généralement. Mais il y a des limites à la visio, la relation est différente.



AU-DELÀ DES TEMPS DE SÉANCES EN VISIO, ARRIVEZ-VOUS À GÉRER VOS MISSIONS ANNEXES ?

Oui. Avec la mise en place du confinement, notre utilisation d’Airmes [logiciel de gestion de l’usager] s’est très largement développée donc je passe plus de temps à faire de la gestion administrative. Bien sûr, je garde le contact avec mes collègues par mail, visio ou par téléphone. Pour moi, c’est primordial de rester en contact avec eux. Puis, quand j’ai du temps libre, j’essaie de réfléchir aux diverses activités thérapeutiques que je pourrais assurer en collaboration avec d’autres professionnels à la rentrée prochaine.



Exemple d’emploi du temps de la semaine à remplir sur Airmès
Exemple d’emploi du temps de la semaine à remplir sur Airmès

QUELLES SONT LES MISSIONS D’UNE INFIRMIÈRE PUÉRICULTURE ?

Pour ma part, j’assure le suivi global et thérapeutique des jeunes sous la responsabilité des médecins du service. Je dispense également des soins d’hygiène, somatique et d’urgence. À côté de ça, je fais aussi des entretiens infirmiers individuels ainsi que des activités thérapeutiques en lien avec le projet individualisé du jeune.
Je réfléchis avec l’équipe sur la mise en place d’ateliers thérapeutiques et sur une continuité de ce qui a pu être engagé par ma prédécesseure. Je participe à la réflexion et à l’élaboration de divers protocoles thérapeutiques et projets relatifs à l’établissement.



ET DURANT LE CONFINEMENT, RENCONTREZ-VOUS DES DIFFICULTÉS PARTICULIÈRES ?

Habituellement mon bureau est ouvert la plupart du temps, les jeunes peuvent venir échanger lorsqu’ils en ont envie, ici ce n’est pas le cas. Tout passe par le biais d’un échange visio planifié, c’est moins spontané. Du coup, certains qui ont des difficultés de communication et qui auraient besoin de notre intervention ne nous sollicitent pas. C’est dommage.



VOUS INTERVENEZ EN RENFORT À LA RÉSIDENCE LUIS DANEY. COMMENT AVEZ-VOUS ADAPTÉ VOTRE TRAVAIL COMPTE-TENU DU FAIT QUE LE PUBLIC EST DIFFÉRENT ?

J’appréhendais un peu car je n’avais jamais exercé dans un foyer d’accueil occupationnel/médicalisé mais seulement auprès de tout petits et d’enfants, mais ça s’est très bien passé ! L’équipe était très aidante ; une réelle ressource à travers leur connaissance des résidents. Cela m’a aussi permis de voir une autre structure de l’IRSA avec qui nous travaillons en collaboration, d’avoir une vision du fonctionnement de structures différentes mais aussi de faire le lien avec la prise en charge de jeunes que nous accueillons conjointement. C’était très intéressant !



AVEZ-VOUS UN CONSEIL OU UN MESSAGE À FAIRE PASSER AUX PROFESSIONNELS QUI SONT DANS CETTE SITUATION PARTICULIÈRE COMME VOUS ?

Simplement qu’ils pensent à prendre du temps pour eux dans cette période bien particulière.



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