L'IRSA

Institution Régionale des Sourds et des Aveugles

Interview d’Elodie Denhez : entre sa polyvalence durant le confinement et la reprise d’activité de l’ESAT Elodie et son équipe, prêts à passer à l’action !

Interview d’Elodie Denhez : entre sa polyvalence durant le confinement et la reprise d’activité de l’ESAT

Publié le 19 mai 2020

QUEL EST VOTRE POSTE AU SEIN DE L’IRSA ?

Je suis monitrice d’atelier en espace vert à l’ESAT. Avec les ouvriers, nous sommes donc chargés d’entretenir les espaces verts de nos clients. Cela peut-être des particuliers, comme des professionnels, nous avons de tout.



DURANT LE CONFINEMENT, VOUS ÉTIEZ EN RENFORT SUR UN AUTRE ÉTABLISSEMENT POUR ADULTE ; MAIS SUR UN AUTRE MÉTIER QUE LE VÔTRE. POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER ?

Mon quotidien était un peu différent de d’habitude car les trois premières semaines, je me suis portée volontaire pour aller en renfort au FO/FAM (foyer occupationnel / foyer d’accueil médicalisé). Dans un premier temps, et pendant deux semaines, j’ai été dame de maison. Je m’occupais donc de l’entretien des locaux, des chambres des résidents etc. C’est complètement différent de mon métier mais il a fallu s’adapter, comme tout le monde. D’ailleurs je tire mon chapeau aux dames de maison car c’est un sacré métier ! Je pensais que mon métier était physique mais je me suis rendue compte que ce métier était surement plus physique que le mien. Et elles doivent être capables de faire de l’accompagnement en plus de l’entretien, donc chapeau !

Ensuite, après le poste de dame de maison, j’ai eu une petite expérience à la lingerie. Et bien c’est pareil ; chapeau ! Parce que plier du linge toute la journée, c’est une sacrée dose de travail !

Et enfin, j’ai fait du télétravail à la maison pour l’ESAT car j’avais de l’administratif à faire, ou ne serait- ce que pour garder le lien avec le client ou avec les usagers.

Vous l’aurez compris, je ne pourrai pas vous parler de « ma journée type » car j’ai fait beaucoup de choses au final !



À PROPOS DE GARDER DU LIEN, AVEZ-VOUS PU GARDER DU LIEN AVEC LES OUVRIERS DE L’ESAT DURANT LE CONFINEMENT ?

Pour ma part, j’ai gardé du lien avec certains usagers de mon équipe. Ils ont tous mon numéro de téléphone professionnel et j’ai veillé à toujours l’avoir sur moi pour pouvoir leur répondre. Car, si je ne réponds pas ou tarde à répondre cela peut leur générer des angoisses et ce n’est pas le but, surtout en ce moment. Au final, nous nous sommes eus au téléphone régulièrement durant toute la période. Mais le plus gros du travail de lien a été effectué par mes collègues du service médico-social.

J’ai également essayé de garder un lien avec les personnes âgées pour lesquelles nous travaillons. Je les appelais au moins une fois par semaine car je trouvais important de garder du lien avec eux en cette période compliquée. Et si j’en crois ce qu’ils m’ont dit, ils ont été contents de ce geste et m’en ont remerciée !



VOUS AVEZ PU POURSUIVRE VOS INTERVENTIONS DURANT LE CONFINEMENT ?

Avec mes collègues et notre adjoint technique, nous avons essayé de minimiser le retard en continuant d’intervenir chez les clients qui nous le permettaient. En effet, certains clients possèdent plusieurs centaines de mètres carrés de terrain, ce qui nous a permis de respecter la distanciation sociale. Malheureusement, la météo n’a pas été de notre côté puisque depuis quelques jours, un coup il fait beau, un coup il pleut. Encore aujourd’hui, notre effectif n’est pas complet donc nous allons devoir poursuivre nos efforts jusqu’à ce que la situation redevienne normale.



EN PLUS DE CELA, VOUS AVEZ ENCADRÉ DES ATELIERS « ESPACES VERTS » À LA RÉSIDENCE LUIS DANEY, UN AUTRE ETABLISSEMENT GÉRÉ PAR L’IRSA. POUVEZ-VOUS NOUS EN PARLER ?

Avec mon collègue Laurent Brustis, nous nous sommes portés volontaires pour animer des après-midi « activité jardin » avec certains des résidents du FO/FAM. Pendant trois semaines, à raison de deux à trois fois par semaine, nous arrivions à la résidence munis de nos tondeuses, afin d’entretenir, grâce à la participation des usagers, les jardins de la résidence. Et cette activité a eu un certain succès puisque les usagers étaient, pour la plupart, très enthousiastes à l’idée de faire cette activité et nous attendaient avec impatience chaque semaine. En plus, certains avaient déjà travaillé à l’ESAT dans l’atelier espace vert par le passé.



Les résidents durant l’activité jardin proposée par Elodie et Laurent

Les résidents durant l’activité jardin proposée par Elodie et Laurent
Les résidents durant l’activité jardin proposée par Elodie et Laurent

LES RÉSIDENTS ÉTAIENT CONTENTS DE CETTE INITIATIVE ?

Oui, très. Ce qui était intéressant pour eux, c’est que ce type d’entretien est très concret. Visuellement, on note les changements de paysage, les tondes, les tailles... leur travail se voyait, et c’est ce qui était très gratifiant pour eux.



L’ESAT A ROUVERT SES PORTES LUNDI 11 MAI, COMMENT SE PASSE LA REPRISE ?

À l’heure actuelle, vingt usagers ont repris leur activité sur la base du volontariat (« à condition qu’ils n’aient pas de contre-indication médicale ou soient considérés comme des personnes vulnérables »), la semaine prochaine nous en aurons un peu plus, et ainsi de suite, jusqu’au retour de la totalité des équipes.



CONCRÈTEMENT, LA REPRISE SE TRADUIT COMMENT DANS CE CONTEXTE ?

Ce matin, nous avons passé une bonne heure à expliquer les gestes barrières. On a également fourni à chacun deux tenues de travail neuves pour qu’ils puissent avoir des tenues complètement vierges. Et, bien évidement ils ont eu des masques, des gels hydro-alcooliques, ils se lavent les mains régulièrement, et pour faire respecter tout cela nous avons bombardé l’ESAT de différents affichages conçus spécialement pour l’occasion !



ET CONCERNANT L’ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE ?

Les camions ont aussi été repensés en fonction des mesures barrière : port du masque et de la visière obligatoires dans le camion, pas plus de quatre personnes dans chaque camion (nous disposons de camion neuf places), respect de la distanciation sociale. Au lieu d’avoir des équipes de six à huit personnes, chaque moniteur est désormais accompagné de deux à trois personnes. De plus, au lieu d’avoir plusieurs équipes qui gèrent chacune son carnet client, nous avons tout mutualisé pour ne faire qu’une seule équipe d’intervention.



AUJOURD’HUI, À L’HEURE DE LA REPRISE, QUELLES SONT VOS PRIORITÉS, VOS POINTS DE VIGILANCE ?

Notre priorité c’est que tout le monde soit en bonne santé. Alors oui, c’est important de garder contact avec notre clientèle, mais le plus important ça reste le bien-être de nos usagers. C’est pour cela que nous mettons un point d’honneur à faire appliquer les gestes barrière et les nouvelles mesures sanitaires.

Puis, au final, pour beaucoup d’usagers le plus important c’est le lien social. Donc même si les choses se sont complexifiées depuis mars et que la situation est particulière, il était temps qu’on rouvre pour pouvoir recréer ce lien avec eux, et pour certains, les sortir de cette solitude.

LE MOT DE LA FIN ?

Il faut qu’on continue tous nos efforts, qu’on fasse ce qu’il faut pour le bien de nos usagers. On finira par sortir de cette crise et en attendant, on reste positifs !



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