L'IRSA

Institution Régionale des Sourds et des Aveugles

Projection au cinéma Les Toiles du Moun des clips de sensibilisation à la surdité entièrement réalisés par des jeunes mal entendants suivis par le Pôle sensoriel des Landes. © Crédit photo : Thibault Toulemonde

Des jeunes déficients auditifs réalisent des clips

Publié le 22 juillet 2021

Huit clips à l’attention du grand public ont été présentés samedi 10 juillet à Mont-de-Marsan, pour informer et sensibiliser aux incidences de la surdité dans la vie quotidienne

Ils ont des messages à faire passer : « Faites-moi signe » pour m’interpeller, parlez « chacun votre tour », « j’ai besoin d’un support écrit », « pas de brouhaha », et en ces temps d’épidémie de Covid-19, l’évident « baissez votre masque » pour parler. Pour Cheyenne, Marina, Quentin, Zoé, Océane, Flavie, Luna et Adélaïde, de jeunes collégiens et lycéens scolarisés dans des établissements de tout le département et atteints de surdité, c’est leur quotidien de les dire, les répéter. Pouvoir se tourner vers la personne qui parle pour lire sur les lèvres ou bien entendre, ou ne pas être parasité par des bruits de fond, ce sont des situations anodines dont leur compréhension et leur bien-être dépendent. Qu’ils soient appareillés ou non.


Une partie des jeunes de l’atelier avec leur éducatrice spécialisée, Géraldine Fleuret

Une partie des jeunes de l’atelier avec leur éducatrice spécialisée, Géraldine Fleuret. © Thibault Toulemonde


« Avec le Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad), nous les accompagnons dans leur vie de tous les jours et pour leur intégration dans leur collège ou lycée », explique Géraldine Fleuret, éducatrice spécialisée du Pôle sensoriel des Landes, géré par l’Institution régionale des sourds et des aveugles (Irsa). Au début de chaque année scolaire, les camarades de classe et les professeurs sont sensibilisés aux bonnes pratiques pour aider un élève mal entendant. Mais souvent, au bout de quelques semaines, les vieilles habitudes collectives reprennent le dessus. « Car c’est un handicap invisible », rappelle-t-elle.


Outil de sensibilisation percutant

C’est ce constat qui ont amené Géraldine Fleuret et sa troupe de jeunes à réfléchir à un outil de sensibilisation percutant, « avec des codes d’adolescents » et accessible à tous, camarades de classe, familles, grand public, sur les incidences de la surdité dans leur vie quotidienne. Voici l’origine des huit clips réalisés par eux et diffusés pour la première fois samedi 10 juillet à Mont-de-Marsan, au cinéma Les Toiles du Moun. Huit clips de moins d’une minute pour huit messages qui leur simplifieront la vie.


On s’est réparti les rôles et chacun a été mis en valeur

Derrière, il y a plus de deux ans d’investissement (le Covid rallongeant les délais). « Notamment de la part des parents », rappelle Géraldine Fleuret, pour participer aux ateliers et pour se rendre sur les lieux de tournage, au lycée Hector-Serres de Oeyreluy et à la Cowo, tiers-lieu de Pontonx-sur-l’Adour. Et un travail colossal : « L’écriture des scénarios, story-boards, travail du cadrage, placement de la caméra, prise de son, maquillage et coiffure, montage, et aussi le passage devant la caméra, ce qui n’a pas été facile », liste Océane, visiblement emballée par l’expérience. « On s’est réparti les rôles et chacun a été mis en valeur. »


Les story-boards réalisés en amont des clips.

Les story-boards réalisés en amont des clips. © Thibault Toulemonde


Fabien Bœuf, technicien vidéo de l’association Biban productions, leur a apporté ses connaissances et le support technique qui leur manquait. Celui qui est aussi chanteur et musicien raconte comment « il a découvert l’univers de leur silence. J’étais responsable production pour les tournages, mais elles savaient ce qu’elles voulaient », dit-il en s’adressant à la troupe de comédiennes et au clapman, Quentin.

Lors de la présentation, Eddie Balagi, le directeur général de l’Irsa, a salué l’initiative et le travail de la troupe landaise, annonçant d’ores et déjà que ces clips serviront de support dans les différents réseaux, notamment francophones, dans lesquels l’association intervient. Ils seront visibles sur son site Internet, ainsi que celui de la Fondation pour l’audition, qui a participé au financement du projet. Le pôle sensoriel des Landes n’a pas fini de mettre en lumière des talents cachés et de faire naître des passions, car une autre réalisation est en cours avec les déficients visuels qu’il accompagne. La suite au prochain épisode.


Les jeunes qui ont réalisé les clips en compagnie de Fabien Bœuf, de Biban Productions.

Les jeunes qui ont réalisé les clips en compagnie de Fabien Bœuf, de Biban Productions. © Thibault Toulemonde


Article : Sud Ouest



Silance ça tourne !

Pas de brouhaha



J'ai besoin de



Baissez le masque



Les mots visibles



Mauvaise reception



Fais-moi signe



En deux temps



Chacun son tour