Enrichir nos pratiques d’accompagnement grâce au Réseau Francophone
Trois professionnelles de l’Irsa sont de retour du Québec après une semaine de formation consacrée à l’autodétermination, organisée par le Réseau Francophone en Déficience Sensorielle et du Langage, dont l’Irsa est l’un des membres fondateurs.
À l’Irsa, l’amélioration des pratiques professionnelles se construit jour après jour. Au contact des personnes accompagnées mais aussi en prenant le temps d’échanger avec d’autres professionnels du secteur médico-social, en France et à l’international. C’est dans cette dynamique que 3 professionnelles ont pu enrichir leurs pratiques !
Des questionnements communs
Au cœur du séjour, un sujet central dans l’évolution de l’accompagnement des personnes en situation de handicap : l’autodétermination.
« Quand ma direction m’a parlé de cette formation, j’ai immédiatement été intéressée. En tant qu’ergothérapeute, soutenir les personnes dans leur capacité à faire des choix et à être actrices de leur vie est central. L’autodétermination, on en entend beaucoup parler, mais c’était important pour moi de pouvoir m’appuyer sur des apports solides et des exemples concrets » explique Maelenn Philippet, ergothérapeute à la Résidence La Guyarderie à Saintes, l’une des professionnelles participantes.
Animée par le professeur Martin Caouette, spécialiste reconnu du sujet, la formation a permis d’aborder les fondements théoriques de l’autodétermination, mais aussi de les confronter à des mises en situations pratiques, nourries par des échanges entre professionnels issus de structures accompagnant des publics similaires.
Observer l’ailleurs pour grandir ici : la force du réseau !
Les échanges avec les 20 autres participants ont été très riches. Le séjour a aussi été ponctué par la visite du centre de recherche en réadaptation et intégration sociale de Québec CIRRIS où les participants ont pu dialoguer directement avec les chercheurs et découvrir l’organisme Laura Lémerveil mettant en pratique l’autodétermination auprès de personnes en situation de handicap non oralisantes.
« Ce qui m’a particulièrement plu dans cette expérience, c’est d’avoir pu prendre le temps d’échanger avec d’autres acteurs et de revenir avec tous ces questionnements. Ça ouvre énormément de perspectives ! » reprend Maelenn Philippet.
Comparer les pratiques, observer d’autres fonctionnements et se laisser questionner font pleinement partie de la richesse du Réseau : autant de leviers pour nourrir la réflexion professionnelle et faire évoluer les accompagnements au sein de l’Irsa.

Et maintenant, on fait quoi ?
Loin de rester une expérience individuelle, ce séjour s’inscrit dans une dynamique collective. Dès leur retour, Maelenn et ses consoeurs ont engagé un travail de transmission auprès de leurs directions et des équipes de leurs établissements. Car cette formation est le premier pas d’une démarche beaucoup plus globale au sein de l’Irsa.
« À court terme, mon objectif est de valoriser ce que l’on fait quotidiennement dans les établissements et qui est déjà de l’autodétermination » explique Maelenn. « C’est un mot qui fait peur. En partant, je me suis dit “ohlala c’est encore un nouveau concept”, j’étais curieuse mais inquiète. Je rentre rassurée, j’ai pris conscience que nous sommes vraiment sur la bonne voie. On tend vers cela tous les jours dans les choix de vêtements, les repas, la participation aux réunions… »
Plusieurs temps de travail seront nécessaires pour construire une démarche permettant de nourrir une réflexion collective et de renforcer l’autodétermination au sein de l’ensemble des établissements de l’association. Le travail ne fait que commencer, au service d’un accompagnement toujours plus humain ! La suite dans un prochain article.

Le Réseau Francophone en Déficience Sensorielle et du Langage
Créé en 2007, le RFDSL est né d’une volonté partagée par plusieurs établissements francophones de sortir de l’isolement, de confronter leurs pratiques et de progresser ensemble dans l’accompagnement des personnes présentant une déficience sensorielle ou des troubles du langage.
Aujourd’hui, le réseau rassemble une quarantaine de structures réparties en France, au Québec, en Belgique, en Suisse, dans les Caraïbes et en Afrique francophone.