Dans le cadre de l’appel à projet Culture & Santé, la Résidence La Guyarderie de Saintes s’est lancée dans un projet collectif inédit mêlant résidents, professionnels, partenaires, enfants et habitants du territoire autour d’une création chorégraphique. Dans « Ensemble, on danse» , la danse est bien plus qu’une activité physique : elle fait tomber les barrières !
À travers cette initiative, la Résidence La Guyarderie s’inscrit pleinement dans la thématique annuelle 2026 de l’Irsa, consacrée à la culture. Depuis quelques mois, l’association incite les établissements à une dynamique d’ouverture et d’inclusion à travers des projets artistiques fédérateurs.
Créer davantage de liens entre les personnes
À Saintes, l’idée est ambitieuse : (re)créer de la convergence entre des mondes qui se croisent peu. Car la Résidence La Guyarderie regroupe un EHPAD, un Foyer Occupationnel (FO) et un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM).
« Je me demandais comment créer du lien entre les personnes : des professionnels qui se croisent rarement, des bénéficiaires qui ne se connaissent pas, des publics externes qui n’entrent jamais dans nos établissements… mais aussi entre les établissements de l’Irsa. Comment créer de la convergence ? », explique Sofiane Clody, directeur de la Résidence.
De cette réflexion est née une collaboration avec la compagnie de danse Volubilis autour d’un projet Culture & Santé qui a débuté début 2026. Bien plus qu’un simple atelier artistique, cette initiative a été pensée comme un véritable levier d’ouverture sur la société et de rencontre entre des publics très différents.
Autour des deux danseurs professionnels et médiateurs de la compagnie, le collectif réunit déjà six salariés et 19 des 54 bénéficiaires des trois établissements. S’y intègrent également des participants du Bal des Empotés du théâtre Gallia de Saintes, des professionnels du Gallia et des enfants du centre de loisirs voisin.
Âges, parcours, handicaps, expériences de vie : ici, tout se mélange.
« On est dans une dynamique très particulière, très inclusive. Cette diversité des personnes est belle », souligne Sofiane Clody.
Une aventure créative, collective et spontanée
Très vite, les premiers ateliers ont suscité un véritable enthousiasme auprès des résidents comme des professionnels.
« Au début, on avait envie mais on avait peur de danser. Peur de ne pas y arriver. Et puis, on a essayé, on bougeait un peu… Séance après séance, tout a changé : on a commencé à se faire confiance, à se lâcher, à rire ensemble. Aujourd’hui, quand on danse, on ne pense plus à ce qu’on ne sait pas faire et à nos difficultés. On pense à ce qu’on ressent, on s’exprime avec notre corps, on se sent libres, on tisse des liens. Et surtout…on oublie notre handicap ! » Patricia, participante.
Car au-delà de la pratique artistique, la danse devient ici un moyen de changer de regard. Le mouvement, l’expression corporelle et l’improvisation permettent de dépasser les représentations habituelles liées au handicap ou au grand âge.
« Là où on voit habituellement des résidents avec des troubles, le mouvement, même non contrôlé, prend ici un caractère artistique. Il est capté, travaillé, mis en scène. Ça change complètement le regard porté sur les personnes. C’est assez troublant » raconte Sofiane Clody.
Une aventure artistique appelée à vivre bien au-delà de l’établissement
Pensé sur le long terme, le projet ne se limitera pas aux ateliers menés à La Guyarderie. Plusieurs temps forts sont déjà prévus pour faire vivre cette création chorégraphique au-delà des murs de l’établissement.
Une première présentation du projet a eu lieu lors de la soirée Rendez-Vous des mécènes 2026 afin de mobiliser les entreprises partenaires de l’Irsa autour de cette aventure humaine et artistique. Une représentation est également prévue à l’été sur la scène du théâtre Gallia à l’occasion de la présentation de saison 2026-2027, avant une nouvelle restitution lors de la Journée des familles de l’Irsa, le 18 septembre 2026.
Et l’histoire continuera ensuite : la chorégraphie devrait être présentée dans un autre format lors du festival Panique au Dancing à Niort en 2027 !
À La Guyarderie, la danse devient ainsi bien plus qu’un art : un langage commun, un outil d’inclusion sociale, d’expression et de valorisation de tous les participants.