Réenchanter le travail social : le pari réussi des Journées Nationales du MAIS

Réenchanter le travail social : le pari réussi des Journées Nationales du MAIS

Publié le 16 juillet 2026

Organisées en juin à Bordeaux par le Mouvement pour l'Accompagnement et l'Insertion Sociale, les Journées Nationales de Formation ont rassemblé près de 200 professionnels du monde médico-social autour d'une question essentielle : comment continuer à accompagner avec humanité et qualité dans un contexte de plus en plus contraint ?

Membre fondateur du Mouvement, le SAVS de l’IRSA s’est fortement investi dans l’organisation de ces Journées Nationales de Formation. Pendant près de deux ans, Thomas Demion et Pascale Vidard ont contribué, aux côtés d’autres professionnels du médico-social de Nouvelle-Aquitaine, à leur préparation.


« On craint toujours de ne pas accueillir suffisamment de participants. Finalement, nous avons accueilli plus de monde qu’espéré : 200 participants dont de nombreux étudiants, preuve que la relève est là », sourit Pascale Vidard, conseillère sociale au SAVS de l’Irsa et membre active du comité d'organisation.



Trois jours pour prendre le temps de réfléchir ensemble au malaise du secteur… sans s’y enfermer !


Le pari était ambitieux, réunir des professionnels venus de toute la France autour de la thématique : « Malaise dans l'action sociale… Par les temps qui courent, l'accompagnement sur un fil ».


« Ce thème a été choisi parce qu'il faisait écho aux remontées des professionnels eux-mêmes lors des dernières Journées Régionales sur Bordeaux : la perte de sens, les injonctions contradictoires, la désertification du secteur… » explique Thomas Demion, Directeur du SAVS. « Surtout, on y a senti une peur commune, celle de la perte des valeurs qui sont au cœur de notre vocation ».


Une thématique réaliste donc, pas pessimiste !


« On a eu envie de redonner du sens et de l’énergie à nos pairs en trouvant ensemble les moyens de continuer à travailler selon nos valeurs tout en suivant les nouvelles réglementations » confirme Pascale.


Au fil des trois journées, les interventions ont ainsi suivi une progression volontaire :

  • Jour 1 : historique : comprendre comment le secteur en est arrivé là en retraçant le fil sur les 20 dernières années ;
  • Jour 2 : constat, en partageant les constats et les expériences de terrain au cours d’ateliers collaboratifs ;
  • Jour 3 : demain, en ouvrant des pistes pour continuer à agir et réenchanter le travail social.

Les conférences, les ateliers et les interludes artistiques ont permis de croiser les regards, de confronter les pratiques et surtout de remettre au centre ce qui fait le cœur du travail social : la relation.


« Nous voulions que les participants repartent avec de l'énergie, des idées et des perspectives, pas avec le sentiment que tout est perdu », résume Thomas.


Trouver de la force en refaisant collectif

Et c'est sans doute ce que les participants retiennent le plus.
La possibilité d’échanger ouvertement, de se dire franchement les choses et de remettre certaines directives ou pratiques en question a été particulièrement impactante pour Etiennette Loncke, professionnelle du SAVS participant pour la première fois au rassemblement annuel du MAIS.


« Je me suis sentie unie aux autres. J’ai compris que je n’étais pas seule à vivre certaines réalités de terrain qui peuvent générer une perte de sens et un désinvestissement. Je suis repartie reboostée par tous ces échanges : ensemble, on continue, on se bat, on avance ! » s’enthousiasme-t-elle.


Certaines conférences et interludes, particulièrement chargés en émotions, ont d’ailleurs particulièrement emballé le public et permis de redonner de la force au collectif des professionnels présents.


« C’est ce qu’on aime aux JNF. Tout le public s’est mis à crier, à applaudir. J’en ai encore des frissons. C’est là qu’on s’est dit que c’était réussi ! » se remémore Pascale.


Réaffirmer les valeurs de l’engagement

Autre satisfaction pour les organisateurs : la forte présence des étudiants.


« Dans ces journées, j’ai vu des jeunes, étudiants et pro, se remettre en question et refaire socle avec les valeurs de notre secteur. Une étudiante nous a simplement dit :
"On est là, nous !". Cette phrase m'a beaucoup marquée. » se rappelle Pascale pour qui cette nouvelle génération représente désormais une véritable source d'optimisme.

Ces trois journées ont été précieuses pour prendre collectivement du recul et se questionner tous ensemble sur les pratiques du secteur, mais aussi pour questionner personnellement ses méthodes et intégrer de nouvelles habitudes. Pour se rappeler que le travail social repose avant tout sur des femmes et des hommes qui choisissent de faire de l’accompagnement leur métier. « C’est un moment important, on doit se battre pour le préserver ! » affirme Pascale.



Rendez-vous le 10 juin 2027 à Nantes pour fêter les 40 ans du Mouvement !